Alerte - Nature - Maroc

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Débats polémiques sur la sauvegarde du biopatrimoine du Maghreb animés par Jean Delacre, Michel Tarrier & la MEEM.
17-12-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Transfert du Groupe "Alerte-Nature-Maroc", vous devez vous réinscrire sur le Groupe Yahoo pour accéder aux nouveaux fichiers.
Copiez cette URL sur votre navigateur: http://homepage.mac.com/jmdelacre/inscription/ La suite déménage sur les Groupes Yahoo. Cette formule n'était pas assez lisible, et trop peu souple question mise en page.Merci de votre compréhention. Jean Delacre, modérateur.

17-12-2005, 18:50:53 MEEM

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----- Original Message -----From: Ait Ali Marysette To: Michel R. Tarrier Sent: Friday, December 16, 2005 11:37 PM Subject: RE: Grand merci !Votre message était remarquablement concis! J'imagine donc que vous avez été informé de la diffusion de notre entretien sur la cédraie du Moyen Atlas, 2 diffusions jeudi mi journée et vendredi matin. Et vous avez meme eu droit à une reprise de la Map! (voir dépêche ci-dessous). Je n'ai pas encore pris contact avec M. Benabid, je le ferai dans le courant du mois prochain.Bonnes fêtes Marysette Ait Ali LE DÉBOISEMENT ET LE PASTORALISME POURRAIENT CONDUIRE À L'EXTINCTION DES CÉDRAIES DU MOYEN ATLAS Rabat, 15 déc (map)- le déboisement, la sécheresse et le pastoralisme intensif pourraient conduire d'ici 10 ans à l'extinction de la forêt de cèdre du moyen atlas, a affirmé m. michel tarier, expert à l'institut scientifique de rabat. m. tarier, qui s'exprimait dans l'émission ''page magazine'' diffusée jeudi par "radio médi 1", a souligné que "la forêt subit des coupes dans le sous bois où l'on détruit les petits chaînes verts formant l'essentiel de la futaie pour être ensuite exposée à l'élevage". l'expert scientifique a révélé que l'état des lieux actuel des cèdres du moyen atlas est "catastrophique" du fait qu'"il n'y a aucune mesure pour préserver cette richesse naturelle". aux alentours d'azrou et d'ifrane, il y avaient encore des périmètres en défens mais depuis deux ans, avec la sécheresse, toutes ces zones ont été abattues et livrées aux animaux, a-t-il relevé. selon lui, le sol, qui est pulvérulent pendant la sécheresse, compacté lorsqu'il pleut et piétiné par des milliers de moutons, devient hostile à toute végétation. le reboisement existe, certes, mais on ne peut, a-t-il estimé, "inclure des petits semis de 5 cm dans les mêmes statistiques d'un cèdre de 4 à 5 siècles". "il faut conserver les cédraies et ne pas chercher à les reboiser", a-t-il souligné, lançant un appel aux décideurs et responsables des eaux et forêts pour sauver la forêt de cèdres du moyen atlas.(map) by---ect.. al.. ® map 151720 gmt dec 2005

17-12-2005, 10:31:50 MEEM

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14-12-2005
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From: Christophe Bertin To: tarrier@ctv.es Sent: Wednesday, December 14, 2005 7:52 PM Subject: Sensible Cher Michel, Tu ne me connais pas, moi un peu car je suis allé sur ton site, suite à ton invitation sur la liste de diffusion de la Fondation Nicolas Hulot. Je me présente donc rapidement :Christophe Bertin, 23 ans, sans emploi. Attiré par la Nature, j'ai passé mon bac STAE puis j'ai tenté un BTS Gestion Protection de la Nature, mais je ne l'ai pas validé et me suis arrêté en première année car je m'attendais à plus d'actions étant donné l'urgence des problèmes actuels. Ton site est très riche et je n'ai pas eu le temps de tout lire, mais j'ai quand même pris le temps d'admirer quelques papillons et puis je suis tombé sur ton article intitulé Tout doit disparaître qui m'a impressionné tant il dresse avec précision un constat sur la vérité tristement actuelle. Tu parles essentiellement du Maroc mais ton article soulève des problèmes qui ont pour conséquence le saccage de la planète toute entière, pas seulement du Maroc. Je suis très sensible à la dégradation de la Nature dont nous sommes tous issus et, comme beaucoup, ne comprends pas pourquoi nous nous obstinons à continuer dans de mauvaises directions. C'est dramatique ! Mais ton texte me donne de l'espoir car il explique très bien que les petits humains sont coupables. Et il faut que cette vérité soit relayé pour que les gens se rendent comptent à quel stade on est arrivé et ne puissent plus dire : "On ne savait pas...", mais qu'ils se mettent à oeuvrer ensemble pour rendre à la grande Nature sa dignité. En ce qui me concerne, je te promets que je vais tout faire pour aller dans le bons sens et pour emmener le maximum de gens avec moi. Certes, tout cela est très compliqué et pour le moment je suis sans emploi mais ça ne peut plus durer. Je vais donc m'atteler à la tâche et vais tout faire pour contribuer à changer de monde le plus rapidement possible car ça urge ! Un grand bravo pour ce que tu fais,Bonne continuation ! Vive les papillons ! Christophe Bertin

14-12-2005, 21:04:39 MEEM

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13-12-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Ultimatum - L'hécatombe qu Moyen Atlas
Paysages défigurés, écosystèmes dénaturés, forêts aux sous-bois dégarnis, biodiversité banalisée, sol écorché, lessivages catastrophiques, destructions irrémédiables, le Maroc est atteint de surpâturage chronique, le Maroc est « malade du mouton ». Les ravages de ce pastoralisme intempestif induisent une véritable pandémie écologique, un écocide lent, un risque d’extinction massive des plantes, de la faune et de la faunule débouchant sur une mort du sol, déjà nu, décapé et squelettique en bien des régions, qu’elles soient montagnardes ou mésétiennes, forestières, steppiques ou présahariennes, à tous les étages de végétation et dans tous les bioclimats. Plus de 20 millions d’ovins, de caprins et de camelins déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts irréversibles sont parfois hallucinants. Triste record : 800.000 moutons paissent au sein des modestes cédraies du Parc national d’Ifrane, soit un troupeau sept à huit fois supérieur à ce qu’il devrait être dans un espace non protégé. Alors que dire dans une figure soi-disant dirigée ! Une législation jamais pratiquée est supposée établir la capacité de charge des parcours forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut soutenir la forêt. Rien, sinon un appât du gain mal compris, ne peut raisonnablement expliquer cette croissance exponentielle qui a doublé en un quart de siècle, de façon concomitante avec une sècheresse de plus en plus récurrente.Naturalistes et experts des écosystèmes de la Méditerranée occidentale, particulièrement dédiés au biopatrimoine du Maroc, voici que depuis les quelques années de ce jeune siècle nous n’avons de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à l’agonie dont souffre bien des régions naturelles du Royaume, et notamment le « coma » écologique dans lequel se débat présentement la cédraie. Sans revenir, ni sur l’importance que représente les massifs forestiers du Moyen Atlas au niveau du futur des ressources, ni sur les détails de nos évaluations au double niveau de la perte des espaces et du déclin des espèces, nous croyons bon lancer cet ultimatum, afin que tout Marocain, que tout ami du Maroc, sache qu’il n’y aura bientôt plus rien à faire pour sauvegarder ce trésor de la biosphère, cadre de vie et de culture d’une population prise au piège.Les bioindicateurs de la cédraie sont au rougeDepuis les années 90, il nous fallu bien du talent pour répertorier quelques dizaines de sites encore bien conservés dans un périmètre Ifrane-Khénifra-Itzer, le fameux triangle du cèdre. La plupart des localités transmises par la bibliographie scientifique des botanistes et des zoologues, soit du temps du protectorat, soit par exemple des années 70, étaient déjà retrouvées dans un état moribond, avec un sol dénudé et démunie de la moindre vie sauvage. Notre analyse écologique prend particulièrement en compte les papillons de jours. Ces insectes sont en grande majorité inféodés à des plantes plus ou moins fragiles, et comme eux, d’un intérêt endémique ou remarquable, c'est-à-dire d’une valeur biopatrimoniale. La présence de ces papillons témoigne pour la bonne santé des lieux. C’est ce que l’on appelle des bioindicateurs. Pour être entendus, nous dirons que le papillon est le reflet de ce qu’il y a dessous, que lorsque le sol est privé de ses qualités biologiques, le dit papillon disparaît, et tout le reste dans la foulée. Certains dirons « qu’avons-nous à faire d’un simple papillon ? ». Bien que parfaitement compréhensible dans sa spontanéité, cette allégation prouve l’absence totale de compréhension concernant le milieu naturel. En cherchant à protéger « une bestiole », l’écologue lutte pour l’intégrité de l’espace, pour la conservation de la forêt et du pâturage, et donc pour le futur des populations tributaires des ressources locales. Il ne s’agit donc pas de protéger le papillon pour le papillon, ou la plante pour la plante, mais de sauvegarder une nature féconde et dans laquelle l’homme pourra encore tirer sa subsistance et son profit. Il en est de même d’un très grand nombre d’espèces animales dont l’éradication nous indique un point non retour, celui de l’anéantissement des campagnes et des montagnes, et de l’approche du jour où l’exode de l’agriculteur, du berger, de l’artisan et puis de toute la population sera rendu incontournable par une vie invivable dans un univers désertifié. L’enjeu n’est pas strictement et égoïstement scientifique, il est écoconscient et humanitaire. Notre discours est donc clair : la cédraie, comme toute autre formation naturelle, doit être protégée, gérée avec vigilance, faute de quoi la population rurale devra chercher ailleurs de quoi survivre. Hélas, cette cédraie est en voie d’extermination par des décennies de mauvaises techniques forestières, et par l’actuel surcharge du cheptel malencontreusement conjuguée aux affres d’une sècheresse drastique. C’est le coup de grâce.Sacraliser les reboisementsCe n’est pas pour rien qu’au Maroc, et probablement dans tous les pays où le pastoralisme souffre de démesure, l’inventaire des derniers « petits paradis », les ultimes havres de biodiversité, les poumons de diversité biologique se superposent aux seuls périmètres en défens, dont l’objectif initial est la régénération forestière. Ce sont en effet les seuls secteurs non soumis aux parcours ovins et caprins. Depuis les temps les plus reculés, les pays d’Afrique du Nord sont quasiment les seuls à pratiquer le parcours en forêt, véritable anachronisme. Partout ailleurs, le bétail est exclu de la forêt car il est jugé hautement préjudiciable à la conservation du sous-bois. Une forêt dégarnie de son sous-bois n’est plus une forêt, c’est une carcasse vide, c’est une forêt fossilisée. Si aucune végétation libre et confuse ne protège les semis naturels, comment la graine ou le rejet, broutés ou piétinés, deviendront-ils l’arbre de demain ? Au Maroc, même les figures d’aires protégées, tels que les Parcs, les Réserves ou les SIBE (Sites d’Intérêts Biologiques et Écologiques), sont paradoxalement et outrancièrement pâturées. Il s’agit donc d’une protection cosmétique, toute théorique. Faudrait-il en appeler au maraboutisme, c'est-à-dire à l’irrationnel, à l’obscurantisme, comme seule approche viable pour un scrupuleux respect et une garantie de conservation ? Car il est un fait que les pratiques maraboutiques ont permis jusqu’à ce jour la sauvegarde de bien des lieux, des associations végétales, des boisements et des arbres séculaires. C’est tout de même un peu pathétique à l’heure de la science et de l’Internet !Pour en revenir à ces judicieux programmes de reboisement qui font donc office de réservoirs génétiques pour l’avenir, comment comprendre qu’après seulement quelques années de mise au repos, sans attendre que les jeunes arbres aient atteint suffisamment d’âge pour résister à la dent du bétail, l’administration de tutelle puisse les livrer sans plus de discernement à l’assaut anarchique et agressif des chèvres et des moutons ? Les reboisements exigent des budgets faramineux, souvent soutenus par la coopération internationale, et des financements vertigineux sont ainsi engloutis. C’est donc doublement étrange qu’on leur « coupe l’herbe sous le pied » ! Dans les conditions écoclimatiques locales, il faut bien plus de dix ans pour conférer une remontée biologique à une biocénose, pour que les espèces végétales et animales parviennent à recoloniser l’espace mis en repos. Il faut ensuite, et le plus longtemps possible, se garder de pressions usagères trop intensives. Plutôt que d’être sabordés, les reboisements devraient être simultanément appréciés comme des Réserves du Vivant, et pour les plus emblématiques d’entre eux, après évaluation de leurs composantes flore-faune, faire l’objet d’une protection radicale et à long terme. Ces sanctuaires de renaissance naturelle constitueraient alors les perles d’un écotourisme dont on espère tant.La fin des beaux restesPour ce qui concerne le massacre des sites, un panel exhaustif d’exemples tous plus affligeants les uns que les autres documente nos assertions. C’est chaque fois les retrouvailles avec une reforestation dévastée, des arbrisseaux abroutis et moribonds, toute une strate végétale et arbustive anéantie, substituée par un sol devenu stérile, pulvérulent ou compacté par le piétinement, c’est selon la saison. Et il ne s’agit pas ici de quelques sites victimes et sacrifiés parmi tant d’autres encore en bonne vitalité, il s’agit et il s’agissait des derniers restes. Qu’il soit question, dans la cédraie ou dans son écorégion, par exemple, d’un certain reboisement du Massif du Kandar reconverti en parc à sangliers surnuméraires pour safari touristique ; de la magnifique afforestation du Plateau d’Ito subitement mis en pièces et « officiellement » désertifié au profit de l’oviculture ; des alentours de la maison forestière d’Ousmaa (escarpement d’Azrou) dont il vient d’être fait table rase par des troupeaux sédentaires (dans la foulée du précédent site de Tioumliline aujourd’hui squelettique) ; de l’immense et si riche périmètre du Tizi-n-Tretten (entre Ifrane et Mischliffen) que les « troupeaux-extincteurs » et les « bergers-pompiers » sont chargés de désertifier dès le premier regain « pour éviter que les cèdres ne brûlent » (sic le garde local) ; du considérable reboisement de la maison forestière de Tirhboula (Boulemane) subitement occis, tout comme les dernières nappes alfatières de la région, par des parcours autorisés ; de la forêt de Tourtite (Souk-El-Had) dont il ne reste rien ; de tout le périmètre du Tizi-Tanout-ou-Fillali, soigneusement régénéré puis réduit à néant ; d’un secteur très précieux du Jbel Tarharhat (à l’ouest d’Itzer) dont les clairières de la cédraie mixte, désormais pelées, constituaient un sanctuaire de biodiversité ; etc., liste interminable… La tronçonneuse invisibleComme tant d’autres lieux dans un pays originellement d’une incomparable richesse biologique, l’un des plus contrasté du zonobiome méditerranéen, ces sites étaient les précieux habitats d’un cortège d’espèces floristiques et zoologiques à nul autre pareil. Ne seraient-ce que les papillons bioindicateurs qui montraient des espèces remarquables, rares, endémiques, certaines de nature indigène, exclusives à ces biotopes, et dont il s’agissait de l’unique localisation connue pour tout le Continent africain ! Un exemple : les cartographies entomologiques livraient des associations pouvant atteindre jusqu’à 50 espèces différentes de papillons de jour sur un espace de 10 km de côté, la plupart à valeur patrimoniales. Qui dit mieux ? A peine dix ans – parfois moins - après la découverte par les spécialistes de leurs hauts indices qualitatifs (diversité) et quantitatif (densité des effectifs), il ne reste plus rien de ces habitats de premier rang, parcourus en long, en large, en travers et dans tous les sens par des hordes de troupeaux sédentaires et saccageurs.La cédraie, écran vert entre le Sud désertifié et le Nord menacé, a périclité de 40 % de sa superficie. Les causes du dépérissement du cèdre sont peut-être d’ordre climatique dans la partie la plus méridionale du Moyen Atlas, ainsi que dans le Haut Atlas oriental, mais la cédraie succombe aussi à l’effarante pression multi-usagère dont elle est victime. A commencer par plus d’un siècle de gestion forestière indigente ayant engendré de graves dysfonctionnements, en passant par le ramassage du bois de chauffe, pour finir par l’agression pastorale, qui plus est dorénavant quasi sédentaire. Dans les parties encore les plus vives des cédraies, des chênaies vertes, des zénaies, où la régénération se montre spontanée (Ifrane, Azrou, Aïn-Leuh jusqu’à Itzer), il est inadmissible de retrouver en quelques années des sites à la flore luxuriante, mortellement griffés par le pâturage, et dont le sol revêt tous les caractères de celui d’un…abominable terrain de football. Le cheptel surnuméraire ronge la forêt, ses effets perverses et coupables de dégâts incommensurables apparaissent vite comme irrémédiables, le terrain écorché devient lunaire. C’est ainsi que l’on détruit la forêt…, sans même couper les arbres !A l’heure de la lutte mondiale contre la désertification, du développement durable, des effets d’annonce sur la biodiversité, voire du principe de précaution, et de tant de gargarismes montant des symposiums et des congrès aussi pompeux et nombreux qu’inutiles, on pourrait se demander si les instances décideuses ne sont pas atteintes d’une inguérissable schizophrénie. Dans le domaine environnemental, un État se doit d’appliquer une politique volontariste, de veiller à des normes rigides de protection, dans l’intérêt du devenir des populations. La demande démocratique qui pourrait consister à « tout donner en pâture » est un non-sens, elle ne peut être qu’exploiter à des fins démagogiques, à très court terme et pour des intérêts particuliers allant à l’encontre de la collectivité, elle ne serait qu’une fourberie populiste utilisant la demande pastorale du « toujours plus » comme « pâture électoraliste ».L’extermination de la strate végétative du sol, puis de la forêt qui, à long terme, n’y survivra pas, soit la désertification programmée par les effets pernicieux du surpâturage accepté, est une grave atteinte à l’intérêt national.Au lieu d’alléger les effets de la sècheresse par une meilleure mise en valeur des terres, on a recours à une politique du pire et l’on fait tout pour engendrer une aggravation des conditions pédologiques, un déclin irréversible de fertilité, puis de la porosité des sols. Interviennent alors l’érosion pluviale aux conséquences catastrophiques (lessivages, inondations, mortalité humaine), et son corollaire la perte du pouvoir d’absorption et de stockage de l’eau, soit la condamnation des nappes et du rôle de château d’eau tenu par les massifs forestiers de montagne.Lorsque le sol est atteint par l’érosion, la désertification entraîne aussi une émission de carbone dans l’air. Ce processus libère les gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique, empirant ainsi les conditions météorologiques extrêmes et induisant la sècheresse. Les causes et les effets de la désertification étant plus ou moins interrelliées, c’est ainsi que des régions auparavant biologiquement saines et économiquement viables, se retrouvent en proie une aridité adverse et invivable.Venez nombreux !Mais le forestier et le gros propriétaire de troupeaux ne sont pas les seuls au banc des accusés. Le citoyen, peut-être trop profane des choses de la Nature, ne cesse de prouver son manque de civisme, jusque dans ses loisirs avides de chlorophylle.Gens de Fez, de Meknès et d’ailleurs, profitez « intelligemment » des beaux jours et venez nombreux vous détendre à l’ombre bienfaisante des frondaisons du Val d’Ifrane ! Vous serez libres d’y introduire votre véhicule au plus profond de la forêt, vous pourrez même la laver avec des lessives non dégradables dans les eaux souillées de l’Oued Tizguite ! Si vous avez des tapis, amenez-les, vous pourrez les nettoyer sur place, c’est une tradition ! Si vous avez un mouton à engraisser, il sera de la fête et pourra tondre les alentours, c’est une autre tradition ! Pendant ce temps, vos enfants hurleront pour troubler le silence de la Nature, piétineront les fleurs, casseront les branches, massacreront les oiseaux au lance-pierre ! Vous leur donnerez même un coup de main pour décapiter la dernière petite couleuvre innocente, pour piétiner « l’abominable » crapaud et en finir avec la création, au nom des vieux démons. Vous n’hésiterez pas à vous vautrer en nombre sur l’herbe tendre, à faire de joyeuses parties de ballon qui transformeront peu à peu le sol en terre galvanisée ! Tout cela au son tonitruant de votre auto-radio, afin de couvrir le futile chant des oiseaux, de faire avorter la couvée. Après le festin, vous abandonnerez vos déchets, vos papiers gras, vos emballages divers dans les prairies, sur les rives et pourquoi pas dans l’eau de l’oued ! Vous n’oublierez pas d’y ajouter ce « petit plus » que représente la couche de votre enfant, voire la serviette hygiénique de votre épouse ! Pour mieux digérer, acceptez donc une promenade à cheval en file indienne, cela fera plaisir aux si nombreux gamins qui vous la proposent, et les sentiers et leurs bermes n’en seront que mieux compactés. Et avant de partir, vous pourrez acquérir quelques tortues prisonnières ou un filet d’écrevisses pieds rouges : faites vite, l’espèce est en voie d’extinction !Personne ne vous dira que le champ de foire où vous avez passé ce très récréatif et oxygénant dimanche n’était pas seulement la fameuse Source Vittel, ou la si connue Cascade des vierges, mais aussi et surtout l’un des plus précieux écosystèmes humides d’Ifrane et du Moyen Atlas, qu’il était très surveillé jusqu’à la fin du siècle passé parce qu’il abritait des plantes, des insectes et des animaux uniques, remarquables, pour la plupart endémiques au Maroc. On ne vous le dit pas parce que nous sommes à l’ère du développement durable et du respect de l’environnement. On dirait même qu’un seul et très éloquent panneau vous donne la bienvenue au Val d’Ifrane, affichant l’ineffable mention : « après nous, le déluge ! ». Et puis, c’est votre droit le plus démocratique de renoncer à tout code de conduite, de vous tenir mal, de tout saccager dans la joie et la bêtise, la Nature est à vous ! Malheureusement, d’ici quelques années, de ce paradis vert aux ombrages tant appréciables pour esquiver les fortes chaleurs estivales, il ne restera rien. Vous l’aurez anéanti. Alors, s’ils sont encore au Maroc, vos enfants passeront leurs temps libres dans les parkings des hypermarchés. C'est-à-dire en enfer.Par ici la sortie…L’ « écologue légiste » vous dira de quoi est morte votre région…Détruire pour chercher ensuite à sauvegarder ce qui n’est plus relève de la pantomime politicienne. Dans bien des régions du Maghreb, contrée rongée par l’abus pastoral, l’écologue n’est plus que le pathologiste au service d’un corps sans vie. Appelé au chevet d’un écosystème meurtri, on lui demande de procéder à une dernière évaluation d’une biodiversité posthume, de dresser l’inventaire d’espèces disparues dans des espaces décapés. Que faire quand il n’y a plus rien à faire ? Sinon inscrire le spectre de forêt sur la longue liste nécrologique des écosystèmes ayant rendu l’âme. L’heure est à l’autopsie des biocénoses. Il n’y a pas de résurrection possible. Alors, face au grand trépas de la Nature, préliminaire au prochain exil des populations usagères menacées d’un avenir très incertain, une question devient hantise : pourquoi ce grand sabotage, pourquoi se faire les bourreaux d’un tel cadre de vie ?Éreinter la cédraie, en gruger la biodiversité, en scalper le substrat, en dénaturer le sol, c’est non seulement écocider un pan considérable du capital naturel marocain, mais c’est aussi génocider culturellement un des plus riche aspect du monde berbère. On survit parce qu’on économise, ou du moins par ce que l’on gère avec vigilance, et non pas parce que l’on gâche, parce que l’on dépense. User sans abuser est le plus légitime des préceptes quand il s’agit des ressources de la Terre nourricière. Écrit en mon âme et conscience, pour le bien du Maroc, en décembre 2005. Michel R. TARRIER Cosignataires :Michel R. TARRIER & Jean DELACRE pour la MEEM (Maison de l’Écologie et des Écosystème du Maroc) Mohammed DRIHEM pour l’Association des Amis du Val d’Ifrane

13-12-2005, 11:57:05 MEEM

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De : Abdelmalek boutaleb Date : 13 décembre 2005 08:42:37 GMT+01:00 À : Jean Delacre Objet : RE: Ventes illégales d'oiseaux sur les marchés de Meknes Merci Mr Fouad pour cette information, je vous informe que la vente de ces oiseaux se fait aussi dans le marché des oiseaux le dimanche à Fès.

13-12-2005, 11:53:47 MEEM

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12-12-2005
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De : fouad_900@hotmail.com Objet : le chardonneret Date : 12 décembre 2005 21:36:50 GMT+01:00 À : meem.maroc@mac.com Je vous écris au sujet de la capture en masse du Chardonneret au Maroc et notament à la ville de Meknes ou il est vendu le dimanche au marché des oiseaux dans des conditions lamentables et sans que personne ne fasse rien pour faire face à ce massacre!

12-12-2005, 22:27:53 MEEM

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05-12-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Res nullius, ou la grande razzia sur Mère Nature : urgent appel à un meilleur discernement !
De : Michel Tarrier À : Date : lundi, 05 déc. 2005 à 12h03:26 CET Objet : Res nullius, ou la grande razzia sur Mère Nature : urgent appel à un meilleur discernement ! Journal 'LE MATIN' Arômes, huiles essentielles et 90% de cueillette sauvage Journée de réflexion sur les plantes aromatiques et médicinales à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II à Rabat La filière marocaine des plantes médicinales et aromatiques (PAM) est caractérisée par l'absence d'une stratégie nationale. De même, le marché local des épices et aromates reste ignoré par la profession! et la! issé aux «achabs» (herboristes traditionnels). Ces dernier s formés sur le tas n'ont aucun souci pour la qualité de leurs produits. Combien de fois, des clients ont découvert des surprises : poussières, débris d'insectes, poils d'animaux, etc. Pour sa part, la production nationale est alimentée à au moins 90% par la cueillette sauvage. Cette situation n'est pas fortuite, mais le prolongement des mauvaises conditions dans lesquelles s'exerçait la profession. Jusqu'aux années 80, l'industrie des PAM était dominée par des étrangers qui employaient d'une façon informelle d! es tra! vailleurs ruraux. Ces exploitants étrangers opéraient pour le compte des sociétés étrangères telles que les français Chauvet, Sanofi, Bioland, Yves Rocher (Soabimex), Naturex, l'espagnole Lokous et l'américaine MC Dornic. Aux côtés de ces étrangers, existaient 15 petites entreprises marocaines traditionnelles, créées ces dernières années. Le personnel de ces unités est sous-encadré. «Une enquête réalisée auprès de ces entreprises a montré que deux d'entre elles ont été fondées par des ingénieurs, une autre l'a été par un gestionnaire. Les douze restantes sont tenues par des entrepreneurs n'ayant qu'une formation simple». Le secteur souffre également de plusieurs faiblesses telles que la défaillance de la législation marocaine quant à la gestion durable de ces ressources naturelles. Une exploitation abusive qui met en péril le devenir de ce patrimoine végétal. Autre lacune, les techniques traditionnelles toujours présentes dans la fabrication des PAM et l'ext! ractio! n des huiles essentielles. Par ailleurs, les profes sionnels nationaux de cette filière ont une méconnaissance des circuits de commercialisation de ces produits à l'étranger. Les travaux de recherche-développement restent limités et non valorisés par la profession qui reste faible et non organisée, hormis l'existence de l'Association marocaine pour le développement des plantes aromatiques et médicinales (ADEPAM). Face à cette situation, les pouvoirs publics ont mis en place, à partir de 2003 une politique de valorisation de ce secteur par la création de l'Institut national des plantes médicinales et aromatiques (INPMA) à Taounate. «Etablissement universitaire, notre centre a pour mission d'organiser des cycles de formation continue, des séminaires, des exposition pour promouvoir la profession et intégrer ces produits dans les différentes filières socio-économiques par la création des pépinières de projets. Notre institut participe également à la création des zones pilotes d'expérimentation et d'exploitati! on des! PMA, conduit des projets de recherche et développement, assure la coordination des activités et met en place des partenariats entre acteurs nationaux et étrangers», explique Mohamed Hmamouchi, directeur de l'INPMA et coordonnateur national du réseau marocain des PAM. Voilà donc pour la politique nationale engagée pour relancer le secteur. Toutefois mondialisation et développement durable ont incité plusieurs pays à développer des activités relatives à l'exploitation des PAM à travers des investissements privés ou des subventions accordées à l'Etat marocain en particulier par l'Union européenne qui finance un projet dans le Rif dont une composante PMA (projet géré par le Haut Commissariat chargé des Eaux et Forêts et de la Désertification dans la région du Nord mais localisé principalement à Chaoun). Pour sa part, l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), accompagne un projet dont une composante PAM (projet géré par le ministr! e de l! 'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritim es, localisé dans d'autres régions : Mekhnès, Oujda et Gharb. Autre programme de développement durable réalisé dans ce secteur, celui qui associe des femmes rurales à la protection et la valorisation des plantes aromatiques et médicinales du SIBE de Ben Karrich, commencé en 2002 dans la province de Tétouan dans le Nord du pays. Un projet financé par le Programme de Micro Financements du Fonds pour l'Environnement Mondial (PMF/FEM) exécuté au Maroc par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en partenariat avec l'ADEPAM. Rappelons que cette association organisera en février 2006 à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassa II à Rabat une journée de réflexion ouverte au grand public afin de le sensibiliser à la protection des PAM et discuter de la nouvelle stratégie des pouvoirs publics relative au secteur. Le marché international des huiles essentielles (HE) et des extraits aromatiques (EA) est, globalement, en progression importante : les! expor! tations marocaines sont passées de 30 millions de dirhams entre 1980 et 1985 à environ 170 millions de dirhams entre 1999 et 2003. Les principaux marchés à l'export des plantes aromatiques non transformées sont la France, l'Espagne, l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, l'Angleterre, les Etats-Unis d'Amérique, le Canada, le Japon et les pays arabes. Enfin à souligner que plus de 35 000 espèces de plantes sont utilisées dans le monde principalement dans l'industrie (agro-alimentaire, herboristerie, cosmétique, parfumerie, pharmaceutique, hygiène) avec un chiffre d'affaires d'environ 19 milliards de dollars. Les petits conseils Pour le conditionnement des PAM séchées et nettoyées, il faut : - éviter tout emballage prématuré (avant séchage complet). Celui-ci est préjudiciable à la bonne conservation des plantes qui s'échauffent, moisissent et deviennent vite inutilisables. - opter pour les emballages sacs en papier double épaisseur et embal! lages ! en tissu suremballés dans des fûts propres (en carton non traité ou en métal), - éviter l'usage d'emballage ayant contenu des produits non alimentaires, - fermer les emballages à l'aide de cordelettes ou d'un ruban adhésif et vérifier fréquemment l'état des lots, - ne pas utiliser les agrafes ou pinces à linge qui risquent de tomber parmi les plantes à l'ouverture des sacs, - étiqueter chaque emballage en précisant le nom de l'espèce, l'origine de la récolte, la date de récolte, la mention «à consommer de préférence avant» et le nom du producteur. Rachid Tarik

05-12-2005, 12:06:31 MEEM

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04-12-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La montagne, un bien collectif
Séminaire sur le développement durable des zones de montagnes «Pourtant que la montagne est belle», chantait en 1964 Jean Ferrat. Si elle est toujours belle, il n'en demeure pas moins qu'elle est devenue fragile et dotée aujourd'hui d'un cadre institutionnel non adapté. Et pour venir à son chevet, l'Association marocaine de l'agro-économie (AMAECO) a organisé les 1 et 2 décembre à l'Ecole nationale de l'industrie minérale à Rabat un séminaire sur le « Développement durable des zones de montagnes». « La montagne, c'est d'abord un réservoir d'eau. Comme la pluviométrie baisse depuis des années, nous avons intérêt à protéger ce patrimoine naturel. Pour sauvegarder ses ressources, la montagne doit être considérée comme un bien public et au cour de notre développement», a lancé Hassan Serghini, président de l'AMAECO. Un avis partagé également par le ministre de l'agriculture et du développement durable, Mohand Laenser : «Il ne faut plus regarder la montagne comme une zone pauvre, mais il faut revenir à la logique de création de richesse dans ces lieux». Il faut dire que certains invités sont revenus sur l'état d'affaiblissement des structures traditionnelles telles que les « Jmaâ» dans la gestion des parcours de forêts. Autres structures traditionnelles en perte de vitesse, les agdals. «L'environnement montagnard contraignant du Haut Atlas a vu la mise en place de la part des sociétés locales de mécanismes originaux d'adaptation en matière des ressources naturelles. C'est ainsi que dans la vallée des Aït Bougmez dans la province d'Azilal, des institutions coutumières vivantes mettent en ouvre des modes de gestion d'espaces forestiers et pastoraux que l'on trouve dans les différentes régions de la chaîne atlastique sous le terme d'agdal. Ces modes de gestion tendent à perdre en importance sous l'effet des pressions sur les ressources et des mutations socioéconomiques, ils n'en constituent pas moins des éléments de gestion efficace pour maintenir l'intégrité des milieux et des ressources», indique Laurent Auclair de l'Université de Marseille. Face à la défaillance des structures traditionnelles, certains invités ont proposé d'augmenter la participation des populations et au renforcement du rôle de l'Etat. «Il faut aujourd'hui, que les services techniques quittent leur préfecture pour venir s'installer tout près des villageois», a dit le président de l'association «Adrar». Autre option suivie ces dernières années par les pouvoirs publics pour améliorer les conditions des populations de montagne, la construction de petits barrages dont l'impact sur la santé et le bien-être des populations bénéficiaires reste à déterminer. «L'expérience de certains petits barrages au Maroc et dans d'autres pays africains démontre qu'ils peuvent dans certains cas poser des problèmes liés au faible impact social et économique, favoriser l'introduction de maladies hydriques et poser parfois des problèmes techniques liés au choix du site , à l'envasement ou aux fuites et ruissellement de l'eau du réservoir», explique Hamou Laamrani, chercheur au bureau régional de Ghana à l'Institut International de Gestion des Ressources en Eau (IWMI) dont le siège se trouve au Sri Lanka. Mais en attendant que la loi sur la montagne arrive, une chose a fait presque autour d'elle l'unanimité, celle d'une urgence de la révision de la notion de domanialité régie par des textes anciens et qui est devenue plus qu'un frein au développement de ces zones de montagnes. Extrait, LE MATIN.MA

04-12-2005, 21:04:54 MEEM

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02-12-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... S.M. le Roi Mohammed VI a souligné que le développement humain et la sauvegarde de l'environnement doivent être les critères cardinaux tant des investissements que des politiques économiques et des stratégies de croissance.
De : tarrier@ctv.es Objet : Dont acte ! Date : 2 décembre 2005 09:05:57 GMT+01:00 À : lahcen.mahraoui@club-internet.frCc : jean.delacre@skynet.be, michel.aymerich@club-internet.fr S.M. le Roi Mohammed VI a souligné que le développement humain et la sauvegarde de l'environnement doivent être les critères cardinaux tant des investissements que des politiques économiques et des stratégies de croissance.Dans un message adressé à la 3e conférence des Intégrales de l'Investissement, qui se tient à Skhirat et dont lecture à été donnée, jeudi, par le Premier ministre, Driss Jettou, S.M. le Roi a affirmé que «Notre conviction première est que l'investissement constitue, d'abord et avant tout, un moyen qui doit trouver sa finalité dans le progrès et la justice sociale, dans l'émancipation et le bien-être des femmes et des hommes, dans la cohésion sociale, la protection du milieu naturel et le respect des droits et des intérêts des générations futures».

02-12-2005, 12:30:59 MEEM

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29-11-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Saïdia sera la 19 ème plage à disparaître au Maroc
2005 Najib Bachiri, Président de l’association Homme & Environnement à Berkane, nous dévoile dans cet entretien les problèmes environnementaux dont souffre la région de l’Oriental. Parmi les menaces imminentes, le projet Méditerrania-Saïdia retient toute l’attention de cette association. Selon lui Fadesa, avec son projet, menace le site écologique de l’embouchure de la Moulouya. Détour.Finances News hebdo : Une association de lutte pour la sauvegarde de l’environnement à Berkane. Qu’est-ce qui motive la création d’une telle association ?Najib Bachiri : L’association a été créée en 1993. La première raison de son existence était la situation catastrophique de l’état environnemental de la région. Nous, dans notre association, avons cherché, dans un premier temps, à limiter les dégâts. Notre premier objectif était de déterminer la manière de conserver l’environnement. En s’activant dans ce domaine, nous avons constaté qu’il était impossible de sauvegarder l’environnement sans prendre en considération l’élément humain ; Si on protège un site que l’homme exploite comme source de vie, il y aura inévitablement un conflit d’intérêt. Donc, nous avons changé notre stratégie et avons essayé d’intégrer l’élément humain en le sensibilisant à l’importance du site en question, de sorte qu’il le protège lui-même. Nous sommes arrivés à des résultats très satisfaisants. De plus en plus de personnes sont conscientes de l’enjeu que représente la préservation de l’environnement. A cet égard, nous sommes fiers que les gens connaissent maintenant l’association Homme & Environnement. Même à Rabat, la plupart des ministères connaissent l’association car la question de notre engouement pour la sauvegarde de l’environnement ne se limite pas à une région donnée. F. N. H. : La préservation de l’environnement ne se heurte-elle pas aux grands chantiers en phase de réalisation dans cette région ? N. B. : Ces dernières années, nous avons rencontré un très grand problème dont sont responsables directement les décideurs politiques. Je m’explique : vous avez une grande compagnie espagnole, Fadesa, qui s’est installée dans la région et dont le gouvernement marocain chante le mérite, jour et nuit, en disant qu’elle va réaliser un grand projet avec des opportunités d’emploi considérables ; que la région va se développer ; que le tourisme sera rayonnant au niveau de la région et j’en passe. Notre association en doute. Nous avons des réserves à émettre quant aux réelles motivations de cette compagnie. Avec ce projet en marche, c’est le conflit déclaré entre notre association et les décideurs politiques parce que ces derniers n’ont ni une vision futuriste ni une notion claire sur le développement durable. Pour le moment, notre principal souci est de pousser le gouvernement à changer sa stratégie dans le domaine environnemental. Si, pour le gouvernement, Fadesa est sacrée, elle ne l’est pas pour nous. Nous parlerons de Fadesa parce que c’est notre patrimoine écologique qui est en jeu. Il en va de notre survie. Il faut dire que le Maroc est très connu par sa biodiversité. A ce titre, il est classé deuxième dans le pourtour méditerranéen. Et quand nous voyons qu’une grande société vient détruire toute notre richesse, cela nous fait mal et nous ne pouvons pas rester les mains croisées. Certes, nous avons un ministère de l’Environnement, mais il ne fait rien. Les gens de Rabat, enfermés dans leurs bureaux, ne savent rien de ce qui se passe ici. F. N. H. : Les responsables ne vous ont jamais sollicités pour connaître votre opinion ? N. B. : Pour être franc avec vous, ils nous mettent dans un tunnel sans fin puisqu’ils décident, à partir de Rabat, sans avoir la moindre maîtrise des sites de cette région ni même de son environnement.Ils parlent de l’indépendance des régions, mais leur action reste centralisée ; ce qui engendre de graves problèmes. Ils ne se concertent pas avec les forces vives de cette région ni avec les spécialistes de la question de l’environnement. Quand vous avez une politique qui n’est pas basée sur une notion claire et rationnelle du développement, c’est la catastrophe. C’est comme si l’on nous demandait de vivre « en attendant Godot ». aujourd’hui, nous vivons dans cette situation. Godot finira-t-il par venir ? J’en doute fort bien. F. N. H. : Arrivez-vous à faire entendre votre voix ? N. B. : Quand le premier ministre, Driss Jettou, s’est déplacé ici à Berkane, l’association Homme & Environnement n’a pas été invitée, parce que nous lui avons adressé, auparavant, une lettre sur la méthode de travail de Fadesa. La moindre des choses était de venir discuter avec nous. Certes, en tant que militant pour la sauvegarde de l’environnement, je suis dur à avaler, mais il y a d’autres membres de l’association qui ont leur stratégie de communication et avec qui on peut discuter. Moi, je suis franc et comme l’association décrit la réalité des choses sans fard ni maquillage, nous avons tout simplement été écartés. Ce projet de Fadesa provoque le courroux de tout le monde. Dans cet esprit, les Verts en Espagne ont envoyé des lettres à leur premier ministre et leur ministre de l’Environnement. Ils ont même fait parvenir au Roi Juan Carlos qui était en visite au Maroc, une lettre relatant les conséquences d’un projet comme Méditerrania-Saïdia. Ces deux lettres parlaient des problèmes écologiques qu’engendrera ce projet et de son impact négatif sur l’environnement de ce site qui est universel et non juste marocain. Donc, tous les écolos du bassin méditerranéen se sentent concernés par le devenir de ce site que Fadesa est entrain de détruire aujourd’hui. F. N. H. : Donc, il y a plus de réactions de l’autre côté de cette rive que dans le Royaume ? N. B. : Bien sûr. Au Maroc, on se targue d’être un pays de justice et de loi. Mais, pour Fadesa, l’Etat a fait des concessions. Trop même ! Cette grande société devait procéder à une étude d’impact avant de se lancer dans ce projet. Pourtant, quand nous avons demandé à avoir cette étude d’impact pour analyser les conséquences du projet sur l’environnement local, on nous a répondu qu’elle a été effectuée sans pour autant nous la faire parvenir. Moi, je ne demande qu’à voir pour y croire ! Vous savez, ce projet va affecter l’embouchure de la Moulouya, un parc de 2.700 Ha, qui est l’unique site écologique de toute la méditerranée. Les deux tiers des espèces d’oiseaux existants au Maroc y vivent. Il y a aussi d’autres espèces qui sont menacées comme les chalcides qui n’existent que dans 4 sites dans le monde dont l’embouchure de la Moulouya. Maintenant, malheureusement, l’habitat de ces reptiles se trouve au milieu du projet Méditérrania-Saïdia. La tortue grecque, par exemple, une espèce rare et en voie de disparition, se trouve sur ce site aussi. Nous avons exhorté les autorités à protéger ces espèces. Nous pensons que c’est pour cette raison qu’aucune étude d’impact n’a été faite au préalable. Or, la biodiversité est une garantie de vie pour toute l’humanité. Si seulement Fadesa se rendait compte de ce que lui apportait la variante écologique en termes d’image de marque et de préservation de son entourage ! Déjà, près du village de Sogatour, le niveau de l’eau augmente et on perd chaque année 10 mètres de sable. Avec les changements climatiques et le projet de Fadesa, ce problème s’accentuera. Selon nos estimations, dans 10 ans, voire moins, toute la partie de la plage qui appartient à ce village touristique de Sogatour disparaîtra. Le Maroc est vraiment connu pour la dégradation des plages, d’ailleurs 18 plages ont disparu. Celle de Saïdia sera peut-être la 19 ème. F. N. H. : Votre association n’est pas liée par une convention ou partenariat avec des organismes internationaux qui peuvent la soutenir dans son action auprès des autorités marocaines ? N. B. : Nous faisons partie du réseau WWF, très connu à l’échelle mondiale. Il y a quelques mois, nous avons discuté du projet de Méditerrania-Saïdia. En Europe, si une compagnie européenne part investir à l’étranger et si son argent vient d’un fonds européen, les instances européennes exigent ce qu’on appelle une « étude d’impact durable ». Fadesa a bien compris cela et a contracté des prêts auprès des banques marocaines. Nous avons eu écho que l’Etat marocain a bloqué un projet du club Med près d’Agadir pour son impact négatif sur l’environnement. On se demande pourquoi Fadesa fait exception. Est-ce que vous savez pourquoi toutes les deux semaines les responsables de Fadesa viennent ici à la province de Berkane pour se réunir avec les responsables marocains ? Eh bien sachez que c’est pour modifier le cahier des charges. Par ailleurs Saïdia ne compte que 5.000 habitants en hiver contre 250.000 à 300.000 visiteurs durant la saison estivale. Fadesa veut créer 3 terrains de golf 18 trous pour ces visiteurs. De qui se moque-t-on là ? Combien en possède une ville comme Casablanca, ou Rabat, pour que Saïdia en accueille trois d’un seul coup ? Les besoins en irrigation sont énormes et dépassent de loin les ressources de la région. Je vous laisse imaginer les conséquences sur les réserves hydriques de la région. FINANCES NEWS HEBDO IMANE BOUHRARA JUILLET 2005

29-11-2005, 20:53:16 MEEM

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28-11-2005
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----- Original Message -----From: Michel R. Tarrier To: afdrabat@ma.groupe-afd.org Sent: Sunday, November 27, 2005 1:06 PM Subject: CMA1042 (Cédraie Ifrane) A l'aimable attention de Messieurs François LAGIER, Directeur de l'Agence Française de Développement à Rabat ; Pierre ICARD, chef du projet en référence ; Philippe COLLIGNON, responsable du projet.Messieurs, Citoyen français, par ailleurs très impliqué par ma vocation et ma profession dans tout ce qui concerne la conservation du biopatrimoine du Maroc, me permettrez-vous d'interroger très brièvement l'AFD au sujet du projet relatif à l'aménagement et à la protection des massifs forestiers de la Province d'Ifrane ? Comme tout Français ami du Maroc, lorsqu'il y a quelques années, l'AFD prêta son concours, à hauteur de 9 millions d'Euros dans un budget global de 20 millions d'Euros, à une initiative visant à la sauvegarde du massif forestier d'Ifrane, j'estimais excellente l'initiative et espérais alors beaucoup dans le remède prescrit.Exerçant une veille annuelle sur cet écosystème, prospectant assidûment la Province d'Ifrane en quête de certains bioindicateurs dont je suis spécialiste, je suis affligé de devoir vous assurer que, quelques années après, de la cédraie, il ne reste rien.Tout néophyte y verra toujours des cèdres, bien qu'atteints d'un dépérissement galopant. Mais l'écologue sait qu'une forêt sans sous-bois, à la strate végétale scalpée, au sol nu, compacté, étrépé, où plus rien ne pousse à force de surpâturage acharné et de piétinement du cheptel, où la biocénose est réduite à néant, n'est plus une forêt, mais un écosystème déconstruit. La cédraie apparaît aujourd'hui comme une forêt fossilisée et dont la survie est entrée dans la phase d'un irréversible sursis.Ce fut déjà, au Maroc, le cas de la suberaie de la Maamora, de l'arganeraie (perte de la moitié de sa surface en un demi-siècle), de la thuriféraie classée "forêt morte", et j'en passe.Cette désertification concertée du Moyen Atlas central aura des conséquences d’autant plus drastiques qu’il s’agit d’un château d’eau cardinal et que la biomasse de cette écorégion humide représente le dernier écran vert avant le Sud aride. La perte du sol de sa porosité et de ses capacités d’infiltration, engendrera les lessivages catastrophiques que nous connaissons d’autres régions fragilisées.Plus de 800.000 moutons fréquentent le Parc d'Ifrane, soit sept ou huit fois la charge recommandée pour un site non protégé. Il n'existe censément aucune autre figure de protection qui soit à ce point transformée en bergerie surnuméraire, pas plus qu'il n'existe au monde de politique de conservation d'une phytocénose qui soit placée sous les auspices du cheptel herbivore et de l'oviculture intensive.On ne peut, non plus, passer sous silence le peu de discernement qui veille au devenir des programmes de reboisements, qui induisent pourtant des financements souvent faramineux, souvent soutenus par la coopération internationale et des ONG de bonne volonté. Sous la pression du pastoralisme, ils sont tôt ou tard (et toujours trop tôt) finalement livrés à l'assaut des troupeaux, conduits par des bergers désormais sédentaires. Celui qui ne fréquente pas le terrain et ne pénètre pas au plus profond des Atlas, ne pourra évidemment pas constater ces dizaines de milliers de jeunes arbres abroutis, moribonds, puis définitivement éradiqués par la dent des ovins et des caprins, pas plus qu'il ne pourra s'interroger sur l'effarant constat de tous ces périmètres à la flore remarquable, dont le sol ressemble aujourd'hui à un terrain de football.On se questionne sur l'absurdité d'une telle gérance, alors que les mots d'ordres mondiaux sont : développement durable, biodiversité et lutte contre la désertification (et non plus conservation des sols...). Le nombre d'endémismes marocains, végétaux et animaux, devenus posthumes lors de cette dernière décennie est alarmant.Je ne m'étends pas davantage sur le sujet, mais je puis vous assurer, en écho avec de nombreux autres spécialistes, qu'il y va de l'avenir de ce pays "malade du mouton", et dont la conservation des ressources passe obligatoirement par l'allègement de la charge pastorale.Nous constatons que, bien au contraire, les projets se suivent et se ressemblent, dans leur anachronisme à vouloir concilier l'inconciliable, c'est à dire la sauvegarde des massifs forestiers de pair avec un parcours chaque fois plus intensif et anarchique.Pourquoi vouloir absolument détruire ce pays, alors que l'on sait de toute évidence que la sauvegarde des écosystèmes et des ressources passe nécessairement par une politique volontariste et des mesures radicales ?Nos amis marocains évaluent parfois comme anti-populaire, contraire aux droits d'usages, voire anti-démocratique, la fermeture d'un espace. Pauvreté et dégradation de l'environnement sont pourtant des phénomènes à rétroaction positive, à savoir que les conséquences de l'une rendent l'autre inévitable. Quand on parle de sauvegarder le biopatrimoine, le souci humanitaire est toujours en contrepoint.L'AFD n'est certes aucunement responsable de cette mauvaise gouvernance du capital vert du Maroc, mais, dans la mesure où vous participez à bien des enjeux et où justement, tout un chacun peut à ce jour constater que la situation de la cédraie ifranaise a empiré depuis l'avènement du projet dont l'AFD fut solidaire, que le moindre écoinçon de naturalité en a été biffé ces dernières années, j'ai cru bon vous informer de ce triste bilan.Je vous prie de croire, Messieurs, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs._______________________________________________Michel R. TARRIER Apartado postal 15553, E-29080 Malaga (Spain) Fax-phone : 34-952.960.182 ; GSM : 34-629.528.333 tarrier@ctv.es

28-11-2005, 17:25:08 MEEM

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----- Original Message -----From: Michel R. Tarrier To: badraoui@eauxetforets.gov.ma Sent: Sunday, November 27, 2005 4:12 PM Subject: Exhortation pour l'urgente sauvegarde de quelques sites A l'attention de Monsieur Mohamed BADRAOUI,Directeur de la lutte contre la désertification et de la protection de la nature.HCEFLCD, Rabat. Cher Monsieur, En marge de mes récentes correspondances, de cris d'alarme envoyés çà et là, et du nouveau et judicieux projet de "réévaluation de la biodiversité en vue de l'élaboration d'un nouveau plan directeur du Parc National d'Ifrane", je vous présente cette brève requête, laquelle s'apparente davantage à une supplique. Elle est modeste et ne porte que sur deux sites de l'écosystème du cèdre dans le Moyen Atlas, lesquels ont été sélectionnés, d'une part sur leurs critères de haute valeur biologique tant qualitative (présence d'endémismes marocains et d'autres espèces à valeur patrimoniale) que quantitative (biodiversité), d'autre part sur l'extrême dangerosité et le risque élevé d'irréversibilité dus à une très forte pression pastorale. C'est pour cette dernière raison que des mesures immédiates doivent être prises. Attendre de futures et aléatoires décisions ne peut être de mise si l'on veut encore sauver ce qui peut l'être. Si je prétends que l'urgence en la matière est assimilable à celle de l'extinction d'un incendie, il ne s'agit hélas nullement d'une plaisanterie. Ces lieux étaient il y a quelques années de petits paradis de flore et de faune, derniers réservoirs génétiques au milieu d'immensités pâturées et en grande partie vidées de leurs richesses naturelles. Leur sol, scalpé et piétiné, ressemble aujourd'hui à celui d'un terrain de football. Il est impensable de continuer à livrer de tels havres de biodiversité en pâture permanente aux ovins et aux caprins, ou alors les déclarations de lutte contre la désertification et de développement durable se révèleraient n'être que des mesures incantatoires. Je n'adjoins aucun commentaire, aucune analyse, aucun inventaire. Tous ces éléments seront à votre plus entière disposition si vous m'informiez de la rapide faisabilité de la chose. Il s'agirait donc de rétablir la protection de ces deux anciens périmètres en défens, tels qu'ils étaient effectifs jusqu'il y a quelques années, dans le cadre de programmes de reboisements. Ces reboisements n'ont nullement été protégés jusqu'à leur terme et, qui plus est, l'ouverture brutale à des troupeaux surnuméraires, et souvent sédentaires, induit une perte irréparable de leur riche biodiversité, particulièrement en matière de flore et de faunule (nombreux endémismes et espèces remarquables). Ces deux sites, extraits de la liste que j'ai déjà eu l'occasion de soumettre à votre Administration, sont les suivants : - Tizi-n-Tretten, au sud d'Ifrane, versant Mischliffen, dont un côté de la route P7231 en orée de la cédraie mixte avait toujours été scrupuleusement interdit de pâturage sur de nombreux kilomètres (sans clôture car sous la surveillance directe du garde de la Maison forestière qui s'y trouve). Il s'agit de prairies mésophiles excessivement fécondes et riches en flore, en avifaune et en invertébrés. - La cédraie du revers méridional du Jbel Tarhahat (à l'ouest d'Itzer), où j'avais contacté de très rares espèces (c'est par exemple l'unique implantation du papillon Zygaena nevadensis sur le Continent africain), était depuis ces trois ou quatre dernières années « discrètement » pâturée en orée par les bergers locaux. Ces atteintes, peu ou prou tolérées, se sont mutées en franche piraterie dans tout le site, exaction apparemment officialisée depuis la saison 2004, puisque la formidable biodiversité botanique qui faisait l’apanage de ce secteur de cédraie mixte (l’un des seuls à l’abri du cheptel dans l’immensité forestière locale) a été radicalement biffée, y compris le magnifique ravin qui faisait office de refuge à une phytocénose presque luxuriante. Je voudrais, bien entendu, joindre d'autres sites à mettre hors d'état de nuire.C'est la cas, à Ifrane, du Val de l'Oued Tizguite (innombrables endémismes, localité très citée dans les travaux scientifiques du siècle dernier), dont il conviendrait légitimement de fermer périodiquement et de mettre en repos tel ou tel secteur des affres de la fréquentation touristico-récréative. Ou bien d'imposer un code de conduite aux visiteurs qui s'y conduisent très mal, ainsi qu'un accès limité puisque l'écosystème devient en été un véritable champ de foire.Ce serait aussi le cas d'une partie du Plateau d'Ito (richissimes entomofaune et herpétofaune), récemment et intégralement mis à sac par les troupeaux qui viennent à bout du vaste reboisement qui depuis des lustres faisait l'apanage des lieux. Je suis évidemment à votre disposition pour vous aider si cette tâche s'avérait possible. Il ne s'agit, finalement, que d'inverser les tendances et de revenir quelques années auparavant, période où le pastoralisme local vivait quand même. Je vous prie de croire, Monsieur, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs. Michel Tarrier. _______________________________________________Michel R. TARRIER Apartado postal 15553, E-29080 Malaga (Spain) Fax-phone : 34-952.960.182 ; GSM : 34-629.528.333 tarrier@ctv.es

28-11-2005, 17:21:43 MEEM

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27-11-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La Juniperaie de Saïdia en péril
De : assabbani_asmae@yahoo.fr Objet : la Juniperaie de Saïdia en péril Date : 27 novembre 2005 16:12:28 GMT+01:00À : meem.maroc@mac.com Bonjour ! Depuis que le projet gigantesque du groupe Touristique espagnol FADESA a commencé sur la rive Est de l'embouchure de la Moulouya (site RAMSAR, et SIBE de priorité 1 de conservation) les choses ne sont plus comme avant. Des centaines de remorques, grues et véhicules travaillent jour et nuit. Toute la bande forestière formée essentiellement de Genèvrier rouge, lentisques, Acacia et quelques Eucalyptus, a été décimée. Leurs racines qui pénétraient la profondeur du sol sablonneux se dressent maintenant vers le ciel. Il y avait une avifaune très riche et beaucoup de reptile. Tout a disparu et le calme qui régnait avant a été remplacé par le bruit de la destruction... le bruit des marteaux-piqueurs et des tracteurs. Plus grave encore, les débris des construction sont jetés par des camion dans la zone humide a côté là ou niche encore des dizaines de sarcelles marbrées, de talèves sultanes, des échasses, des butors étoilés et bien d'autres espèces remarquables. Des centaines d'hectares de forêt sont transformés en désert pour permettre l'installation d'un Golf et des résidences de luxe. Je me rappelle qu'il ya seulement 10 ans j'ai vu se poser encore dans la plaine à côté, des Outardes canpetière et des Pluviers guignards. La huppe fasciée et le rollier d'Europe nichaient en abondance encore dans la juniperaie. je remercie tout de même l'effort qu'engage une petite équipe de 4 personnes !! de ENDA Magheb (dans le cadre du projet MedWet Coast) pour protéger l'écosystème des zones humides de Moulouya qui cotoie cette honte qui s'appelle FADESA. Asmae

27-11-2005, 21:15:53 MEEM

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21-11-2005
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...PIRATERIE ÉCOLOGIQUE
Amis marocains et amis du Maroc ! Ne pleurez plus la Maamora fossile, ne pleurez plus l'arganeraie massacrée, ne pleurez plus la forêt morte de Genévriers thurifères, sortez maintenant vos mouchoirs pour les restes de la Cédraie ! ----- Original Message ----- From: Michel R. Tarrier To: BENHIBA@eauxetforets.gov.ma Cc: Mohamed Moukhlis ; assali@eauxetforets.gov.ma ; amrani@eauxetforets.gov.ma ; badraoui@eauxetforets.gov.ma ; tarok@eauxetforets.gov.ma ; lahlou@eauxetforets.gov.ma Sent: Monday, November 21, 2005 4:55 PM Subject: Lettre de doléances Ministère des Eaux et Forêts et de la lutte contre la désertification Direction régionale du Moyen Atlas À Monsieur le Directeur Mohamed BENHIBA. Objets : Initiatives relatives à la conservation de la biodiversité marocaine & dégradation des sites du Moyen Atlas central, notamment par surpâturage. Monsieur le Directeur, Naturaliste spécialisé en éco-entomologie, voici plus d'une dizaine d'années que je consacre mes recherches et mes publications scientifiques au Maroc dont j'ai prospecté durant une soixantaine de mois, sous le patronage de l'Institut Scientifique de Rabat (Université Mohammed V), l'essentiel des régions naturelles, notamment montagneuses. Outre mes communications dans les revues spécialisées, j'entretiens plusieurs sites Internet sur le thème, notamment : « www.tarrier.org », ainsi que celui de la Maison de l'Ecologie et des Ecosystèmes du Maroc, en connivence avec Jean Delacre : « http://homepage.mac.com/jmdelacre/meem/ », site ambassadeur de la Nature marocaine et base de données photographiques Paysages-Flore-Faune en ligne. Nous oeuvrons aussi par les sites partenaires suivants : « http://www.geos-nature.org/ » & « http://www.geres-asso.org/ ». J’espère qu’il vous sera loisible de parcourir ces sites et que nos initiatives pour la défense de l’inégalable biodiversité marocaine auront votre agrément. Travaillant sur une faunule très sensible et d’autant plus bioindicatrice qu’elle est le plus généralement liée à des plantes fines et à des habitats précaires, ces missions assidues sur le terrain m’ont très rapidement enseigné la grande fragilisation du biopatrimoine marocain, préoccupation auquel je consacre l’essentiel de mon temps depuis ces dernières années. Je pense inutile tant de m’appesantir ici sur l’exceptionnel capital naturel du Maroc, pays le plus favorisé de la Méditerranée occidentale, que de développer le triste inventaire des écosystèmes menacés ou posthumes, des processus de leur dégradation et des problématiques majeures que sont la déconstruction des forêts, les affres du pastoralisme surnuméraire, la baisse des nappes phréatiques et un long etc., toutes causes concourant à une perte documentée de biodiversité, à l’érosion du sol, à la désertification et à une précarité croissante des populations riveraines. La présente doléance émane d'un groupe de naturalistes européens que je représente, la plupart universitaires français et belges, ou chercheurs au Muséum national d'Histoire naturel de Paris, d'autres sont membres fondateurs ou adhérents du GEOS & du GERES, d'une manière générale animés d'un souci de veille vis-à-vis de la biodiversité globale de l'Afrique du Nord. Tous sont particulièrement épris de la remarquable biodiversité marocaine et spécialisés dans l'étude de sa faune et de sa flore, voyageant fréquemment dans les régions du Royaume et publiant régulièrement dans des revues scientifiques, ainsi que dorénavant sur divers sites Internet. La requête porte sur la destruction accélérée des paysages, et en l'occurrence sur la détérioration de ceux du Moyen Atlas central. Ces quelques doléances sont agrémentées de mes points de vue personnels que j’ai voulu sincères et sans langue de bois, ce dont vous me pardonnerez j’espère. Le tout récent massacre par l’invasion ovine des périmètres protégés du Plateau d’Ito, des secteurs initialement en défens du Tizi-n-Tretten et du Jbel Tarharhat (près d’Itzer), ainsi que la mise en pièces du Val de l’Oued Tizguid (Ifrane), l’anéantissement irréversibles de leurs incomparables biocénoses, tant sur le plan quantitatif (diversité remarquable) que qualitatif (nombreux endémismes), furent pour nous une gamme d’évènements affligeants et fondateurs de notre grande inquiétude. J’ajoute de suite que pour les observateurs ou les décideurs néophytes en matière de biodiversité et strictement motivés par la sylviculture, la question qui interpelle d’emblée et pour la plupart de ces périmètres dont la protection de longue date était induite par le reboisement, est : pourquoi avoir livré soudainement ces programmes à la dent des moutons et des chèvres ? Il n’est que de voir le piètre état des jeunes arbres abroutis pour être subjugué par le manque de discernement qui a présidé à ces subites ouvertures et pour s’interroger sur la perte sèche non seulement de la biomasse en place, mais du considérable budget qui fut à l’origine de ces plantations. Ecodéveloppement, gestions durable, viable, supportable et autres recettes écologiquement correctes, toute rhétorique s'inscrivant dans la mouvance assez récente du développement durable, me paraissent strictement conceptuels car depuis ces dernières années, un million de kilomètres parcourus notamment dans les montagnes marocaines, m'ont tristement enseigné une incidence en hausse de paysages défigurés, d'écosystèmes dénaturés, de forêts dégarnies, d'une biodiversité banalisée, tous ravages irrémédiables et débouchant sur une drastique désertification. Le Maroc est plus particulièrement atteint par un surpâturage chronique, le Maroc est « malade du mouton ». L'involution de l'intitulé ministériel traduit d'ailleurs cet état de préoccupation, puisqu'il y eut le temps du Ministère des Eaux et Forêts « et de la conservation des sols » et qu'il s'agit présentement du Ministère des Eaux et Forêts « et de la lutte contre la désertification », dernière formule disponible avant le chaos et donnant à penser que la mission première n’a pu être remplie. Un exemple édifiant : le Plateau d’Ito Voilà de très nombreuses saisons que je procède à des relevés entomologiques (et par ricochet botaniques) et je n'étais pas sans ignorer ces immensités prairiales très florifères qui faisaient l'apanage de la route P21 traversant le Plateau d'Ito, entre Azrou et El-Hajeb, alors glorieuse introduction aux sites à bioclimat humide du Moyen Atlas, et à ses si belles forêts de cèdres. Le fantastique regain qui se manifestait dès les premiers beaux jours de fin d'hiver a donné lieu à des inventaires fauniques (invertébrés, faunule, riche herpétofaune) et botaniques, attestant d'une inestimable richesse, avec l'existence de plusieurs endémiques exclusifs au Moyen Atlas tabulaire et dont la cartographie n'enseigne que peu ou pas d'autres présences hors du paysage d'Ito. Cette formation naturelle herbacée à base d'hémicryptophytes et de géophytes mésophiles et hygrophiles, ponctuée de mouillères, était évidemment induite par une très ancienne mise en défens (reboisement) qui, nonobstant de sporadiques violations, avait néanmoins traversé favorablement les années. Lors d'une de mes dernières missions, en septembre 2003, je constatais avec indignation la destruction spontanée de la plupart des clôtures et le sol, déjà décapé et pulvérulent, souffrait d'un piétinement ovin intensif. Connaissant le Maroc et les tolérances en périodes de sècheresse, je mis cela sur le compte des écarts pastoraux de fin d'été, ainsi qu'ils sont hélas çà et là récurrents. Mais la suite fut plus cruelle puisque la mise à néant de tout le périmètre protecteur d'Ito est désormais consommée, et que des sublimes formations il ne reste plus rien. Pour tout écologue, l’éradication jusqu’à l’ultime et plus discrète espèce de cet immense univers si génialement reboisé équivaut à un acte de vandalisme collectif, et n’a rien de comparable avec la gestion des pâturages. Tout le périmètre avait pourtant été récemment renforcé (comme pas mal d’autres) à l’époque de Monsieur Saïd Chbaatou. Je m'adresse à vous pour obtenir des informations sur ce sujet et tenter de comprendre pourquoi tant de sites exceptionnels - qui plus est les derniers - sont saccagés les uns après les autres. Et subséquemment savoir dans quel objectif autant de reboisements sont judicieusement et coûteusement entrepris et mis en protection, pour être si rapidement livrés à la dent des caprins tandis que les parcours d'ovins dont ils sont partie intégrante massacrent la strate herbacée pour ne laisser qu'une terre nue, scalpée, étrépée, compactée, de plus en plus stérile et propice au catastrophique lessivage ? Pourquoi protéger un temps si l'objectif est de livrer finalement les lieux à une pâture aussi précoce qu’intensive, intempestive et ravageuse ? Pourquoi, notamment pour les parcours forestiers dont on sait les néfastes effets, ne pas veiller à une charge de têtes plus compatible avec le support ainsi que le prévoient certains textes ? Nous savons tous qu’en certains sites déjà fragilisés, le nombre excède de sept à huit fois le seuil conseillé. Une liste non exhaustive La liste documentée des exemples du genre dont je dispose est fort longue et je ne retiens que les sites dont la valeur a été initialement indiquée par des lépidoptères emblématiques, bioindicateurs et révélateurs synécologiques de toute une biocénose solidaire. Quand il s'agit de reboisements, l'ouverture a chaque fois été procédée alors que les arbres étaient encore juvéniles et fragiles, et ils en ont été biffés en quelques mois. Depuis les prémices de ce tout jeune XXIème siècle (celui du « développement durable » !), et pour ne traiter que du Moyen Atlas central, j'ai vu s'effondrer de façon irréversible : - Le Val d'Ifrane (Oued Tizguid, Cascade des Vierges, Source Vittel, y compris des zones plus reculées au sud-est d'Ifrane et peu après la future nouvelle école nationale forestière), dont la richesse en endémiques terrestres et aquatiques de haute valeur était connue depuis des lustres, est définitivement souillé, les eaux courantes polluées (détergents non dégradables comme partout utilisés par les riverains de l’oued), le sol revêtu d'un épais « poubellien supérieur », conséquence de l'aménagement en jardins de ville (avec fauche beaucoup trop précoce) et surtout de l'explosion de la fréquentation récréative dans la plus complète et pitoyable débauche, sans la moindre gestion d'avenir, les véhicules pénétrant en sous-bois, la police « écologique » locale à cheval ne semblant pourchasser sous les frondaisons que... les baisers « interdits » de quelques amoureux tout aussi charmants qu’inoffensifs… - La totalité du secteur du Tizi-n-Tretten, depuis le col jusqu’au alentours du Mischliffen, dont un côté de la route était depuis de longues années rigoureusement respecté par les bergers en raison d’un vaste reboisement qui sous-tendait un véritable paradis floristique et faunistique. Ce site de plusieurs kilomètres ressemblait cette saison 2005 à un terrain de football, montrant au fil des lisières un sol dénudé et pulvérulent par place, « galvanisé » ailleurs. Là où tout botaniste pouvait recenser des milliers d’espèces végétales, dont certaines d’un intérêt cardinal pour la biodiversité marocaine. Le garde local nous a précisé qu’il s’agissait de lutter contre les incendies, en faisant brouter dès le premier printemps la moindre plantule…, ce qui serait pour le moins une solution aussi radicale que burlesque si elle était avérée ! Protéger la cédraie en écocidant toute la phytocénose pour n’en garder que les cèdres et les chênes verts arbustifs correspond à faire table rase de cet écosystème. Cela correspondrait à un remède pire que le mal, à lutter contre la désertification… en désertifiant, concept pour le moins schizophrène. - Toute la zone s'étendant au fil de la route forestière 3398 de Tioumliline à la Maison forestière de Tagounit, notamment de superbes prairies en lisière de la cédraie mixte au niveau de la Maison forestière d'Ousmaa, avec un programme de plantations en orée, lequel site a été ouvert aux vaches, moutons et chèvres (notamment les troupeaux du garde !) dès les années 95, avec dégâts incommensurables, dont l'éradication de nombreuses plantes rares. Ultime station de bonne naturalité de tout l’escarpement d’Azrou, il n’en reste rien, sinon les raviers et les trous qui accueillaient les semis ! - Mêmes observations négatives et déclin de la biocénose suite à un accès subit aux parcours de bien des reboisements non transformés de la Vallée des Roches, du Col de Tamrabta et de tant d'anciens "paradis" des alentours ifranais. - L'excellent périmètre clôturé du Jbel Tarhahat (à l'ouest d'Itzer), où j'avais contacté de très rares espèces (c'est par exemple l'unique implantation du papillon Zygaena nevadensis sur le Continent africain), était depuis ces trois ou quatre dernières années « discrètement » pâturé en orée par les bergers locaux. Ces atteintes peu ou prou tolérées se sont mutées en franche piraterie dans tout le site, exaction apparemment officialisée depuis la saison 2004, puisque de la formidable biodiversité botanique qui faisait l’apanage de ce secteur de cédraie mixte (l’un des seuls qui était à l’abri du cheptel dans l’immensité locale de cédraie) a été radicalement biffée, y compris jusqu’au plus profond vallon qui protégeait une luxuriante biodiversité. - Les périmètres en défens du Col du Zad, des alentours de l’Aguelmame de Sidi-Ali et zones mitoyennes sont épisodiquement franchis par les troupeaux (en témoigne l'état « laineux » des barbelés !), au vu de tous et quand ils ne servent pas de pacage à demeure aux semi-nomades coutumiers des lieux. - Les vastes parcelles clôturées (reboisement en cèdres) du Tizi-Tanout-ou-Fillali ne le sont plus depuis la sècheresse de 1998. - Le versant du Jbel immédiatement à l'ouest d'Enjil (sur la P 20 qui mène à Aït-Kermouss) avait été mis en reboisement et comptait une flore fine remarquable et impliquant de nombreux papillons rares (dont l'indigène de cette région Maurus vogelii, inféodé au rare géranium rupicole Erodium cheilanthifolium, dont c'était l'unique autre localisation après celle posthume du Taghzeft, site suivant) a été lui aussi ouvert à un nombre exponentiel de têtes dès 1998, alors que ces lieux n'étaient auparavant que timidement et furtivement pâturés. - Le Tizi-Taghzeft (Aghbalou-Larbi), station très remarquable jusqu'aux années 60, répertoriée dans le Plan Directeur des aires protégées du Maroc (SIBE continental priorité 2), auparavant riche en mammifères, oiseaux, invertébrés uniques et tout un cortège floristique, n'est plus qu'une forêt morte sur un sol squelettique. Il en est d'ailleurs ainsi de toute la cédraie de l'écotone entre le versant méridional du Moyen Atlas et le Haut Atlas oriental (Jbels Ayachi et Masker), secteur dont l’ingrate dotation écoclimatique ne doit pas occulter les agissements coupables de l’amenuisement des ressources pour un profit immédiat. - Un beau maquis pluristratifié à chênes verts et à arbousiers se trouvait protégé quelques kilomètres à l'est d'Imouzzèr-Kandar, mesure exceptionnelle quand on sait en quel état de piètre naturalité se trouve tout le Massif du Kandar au sol abiotique. Ce fut l'unique et dernier biotope d'Euchloe tagis atlasica et de sa plante-hôte, un Ibéride local, et d’autres composants à valeur biopatrimoniale. Dès 1998, le parcours intensif y était de nouveau autorisé (pauvre reboisement !) et le comble, c'est maintenant un safari de tir touristique aux cochons sauvages. Ce qui était un véritable jardin botanique répond désormais aux normes des écuries d'Augias. Quand on pense qu'il y a quelques années tout naturaliste respectueux devait être muni d'un « permis d'observer » pour effectuer ses pacifiques recherches en de tels écosystèmes dorénavant souillés, on croit rêver ! - Etc., liste non exhaustive ! Je dispose hélas d'un tel bilan accablant pour toutes les régions naturelles du Maroc, comme d'autres peuvent en avoir pour d’autres pays dont ils sont connaisseurs. Aimer un pays c’est comme aimer un être, et lorsque sa santé décline, on ne peut que s’en inquiéter. L’âme du naturaliste conduit spontanément à cette vigilance et à la moindre atteinte, l’indignation préside toujours au souci de protection. Le plus affligeant n’est pas de constater l’érosion de cet inestimable capital naturel mais d’en diagnostiquer le caractère imparable du processus écocidaire dont les préjudices sont déjà palpables. Pauvreté et dégradation de l'environnement sont des phénomènes à rétroaction positive, à savoir que les conséquences de l'une rendent l'autre inévitable. Quand on parle de sauvegarder le biopatrimoine, le souci humanitaire est toujours en contrepoint. Quant aux moyens alternatifs, voire subventions d’encouragement qui doivent être dégagés en compensation d’une réduction des troupeaux à l’endroit des plus petits propriétaires, certaines expertises peuvent parfaitement les éventualiser. Ayant fréquenté les lieux susdits et observé tant la faune que la flore qui y étaient exceptionnels et déjà signalés comme tels dans les bibliographies du milieu du siècle précédent, je voudrais savoir pourquoi ces habitats ont vu leur conservation soudainement anéantie par l’irruption d’un bétail surnuméraire et le plus souvent sédentaire, de façon concomitante avec les grands discours et les gesticulations du développement durable ? Il aura donc suffit de parler de développement durable pour que tout disparaisse, comme par désenchantement ! Il faut avouer que le paradoxe ne manque pas d'un certain cynisme de la part tant des gestionnaires que des usagers. Pour ces derniers, on peut parfois comprendre... Quant à l'état de la cédraie qui représente l'écosystème insigne de cette région atlasique (quand elle était bien conservée, elle représentait les plus beaux paysages forestiers du Maroc), elle atteste du même paradoxe et elle n'a curieusement jamais été tant détruite que depuis l'initiative du Parc naturel d'Ifrane qui se devait de sauvegarder le legs. Quintessence du réservoir génétique abritant les deux tiers des plantes et un bon tiers des espèces animales, le domaine forestier marocain est l’élément fondateur de la richesse écologique du pays, puisqu’en son sein s’élaborent les grands cycles de l’eau, ressource parmi les plus précieuses de toutes. Vouloir dissocier une essence forestière naturelle de sa biodiversité contextuelle vieille de centaines de milliers d’années est la vue de l’esprit coupable de la perte des forêts. Les espèces végétales et animales vivent en communauté. Ainsi, le forestier qui ne travaille pas avec, travaille contre. Il désosse, il déconstruit la forêt qui n’est pas une mine, il désintègre l’écosystème en éliminant des composants. Et pour parachever, anachronique et abusif, le parcours intensif en cédraie est un véritable anachronisme. La mort d'un géant, le Cèdre Gouraud tant carte-postalisé, nous annonce censément le début de la fin et c'est un peu le glas qui vient de sonner dans la séculaire futaie de cèdres. Après la Maâmora, la plus grande suberaie du monde désormais fossilisée, après l'arganeraie exclusive au Maroc, désertifiée et réduite à la moitié de sa superficie en un demi-siècle, après la thuriféraie « nature morte » d'une « forêt sans arbres », aux ultimes vétérans pour la plupart sous protection maraboutique, c'est au tour de la cédraie, dernier écran vert entre le Sahara et le Nord, d’avoir périclité de 40% au fil des deux dernières décennies. Pour ce qui concerne les sites en cédraie de ma liste ci avant, je voudrais enfin souligner que la plupart d’entre eux n’entrent pas dans les zones caractéristiques du fameux dépérissement du cèdre, phénomène complexe qui touche notamment le revers méridional du Moyen Atlas et le Haut Atlas nord-oriental. Il s’agit de cédraies « saines », où les semis naturels attestaient d’une bonne régénération. Mais avec une telle gouvernance des lieux générant la perte incommensurable du sous-bois, il ne faudra pas s’étonner de l’extension septentrionale du dit « dépérissement ». Quant à l’aspect « démocratique » qui ferait accroire à une mise à sac des derniers beaux restes par une volonté des usagers « les plus démunis » (contrainte se superposant à des périodes de sècheresses drastiques), elle n’est pas acceptable quand on sait que la protection du Vivant passe obligatoirement par une politique volontariste et des mesures radicales. Où iront-ils, ces troupeaux gigantesques, quand « tout » sera mangé ? Et puis la mise à néant de l’emblématique Val d’Ifrane (Source Vittel, etc.) par des activités dites récréatives prouve bien que l’attitude générale qui préside à la finitude des derniers havres de naturalité correspond plus vraisemblablement à une décadence programmée qu’à des passe-droits imposés par un quelconque stress hydrique ! Un Maroc se meurt, celui d’une Nature si riche par le passé, celui du sol, de l’eau et des ressources naturelles. Peut-on encore faire quelque chose ou doit-on cautionner la formule suivante de Nicolas Hulot : « La société dans laquelle nous vivons ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit et qu’à l’arrière on continue soit à boire le champagne soit éventuellement à se quereller » ? La sauvegarde de l’essentiel des écosystèmes marocains et de leurs sites passe obligatoirement par une politique volontariste d’allègement et de régulation de la charge du cheptel, en complète inadéquation avec les ressources disponibles, ainsi que par le maintien d’un panel de « réserves du Vivant ». Ces dernières ont d’ailleurs toujours existé, du moins sous le biais des judicieux programmes de reboisement, nonobstant l’occurrence séculaire d’une sécheresse récurrente. Les actuelles figures de Parcs et Réserves, et autres SIBE, ne jouent malheureusement pas leur rôle effectif et sont tout autant voués à l’élevage que les espaces non « protégés ». Ils correspondent donc à une protection purement cosmétique. Faute d’un contrôle draconien de la pression pastorale, devenue désormais intolérable, et de propositions de solutions alternatives, tout programme conservatoire serait vain. S’il ne visait qu’à « gérer les préjudices », sombre est l’avenir. En prétendant à une connivence entre usages (ainsi qu'équipements) et environnement, les défenseurs de cet environnement souhaitent seulement contrecarrer les abus incompatibles pour contribuer à conserver le milieu le plus indemne possible comme cadre de vie, et le maintien d’un niveau de ressources conciliable avec le futur. Tels sont les vœux du développement durable et autres louables suggestions de gestion viable pour les générations futures, vœux à mettre en pratique. Tous ces derniers exemples de mise à sac ici rapportés ne semblent pourtant pas augurer la prise d'écoconscience qu'on pouvait espérer. Je suis navré de la longueur de cet exposé mais j'ai cru bon placer l'écocide de ces sites dans le contexte des agressions dont souffre la région, tout en schématisant globalement les atteintes au biopatrimoine marocain. Vous me pardonnerez la sincérité de mes propos, mais au stade alarmant du catastrophisme lucide où nous nous trouvons, il me semble que la langue de bois et l'omerta ne sont plus de mise si l'on veut agir. Nommer les choses par leur nom pourrait permettre d'aller droit au but, du moins pour ceux qui voudraient témoigner du souci légitime de chercher à inverser les tendances, de s’efforcer de gérer les restes biopatrimoniaux, en lieu et place d’en dynamiser le déclin. Je vous remercie, Monsieur le Directeur, pour votre bienveillante écoute et j'espère avoir l'honneur de prendre connaissance de votre réponse, si ce n'est générale et détaillée, mais au moins ponctuelle quant aux secteurs primordiaux qui font l'objet de la présente requête. Michel R. Tarrier

21-11-2005, 19:12:50 MEEM

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